En 1895, au moment de la mise en place d’un dispositif de scolarisation par la société des missions françaises de Lyon, il existait depuis le XVI ème siècle déjà, de nombreuses écoles musulmanes dans la moitié nord de la colonie de Côte d’Ivoire.

Rattachées aux mosquées et aux demeures des enseignants, ces écoles servaient à donner une éducation religieuse aux enfants qu’elles préparaient aussi à accéder au cycle d’enseignement supérieur dans les pays arabo musulmans.

Des volontaires se sont engagés pour la cause,afin que ces écoles soient conformes aux normes assignées par les sciences d’éducation de pays économiquement plus avancés, donc aux besoins des populations, des pouvoirs publics ivoiriens et des musulmans.

Eux, ce sont les membres fondateurs de l’Organisation des Etablissements d’Enseignement Confessionnel Islamique OEECI. Celle-ci a été créée le 06 décembre 1997 à la bourse du travail à Abidjan, dans la commune de Treichville.

Alors que le travail ne faisait que commencer, certains de ces musulmans engagés ont été rappelés à Allah. Qu’Il fasse miséricorde à ces illustres disparus, ces travailleurs infatigables qui sont :

El Hadj Diakite Moussa - El Hadj Cisse Mama - El Hadj Toure Moussa - Oustaz Camara Mamadou et El Hadj Diarra Siaka.

En pensant à eux, ceux qui sont restés en vie poursuivent les finalités fixées par le congrès constitutif dont le thème avouait la noble intention de l’OEECI :

La contribution des établissements d’enseignement confessionnel islamique au développement de la Côte d’Ivoire.

De sa date de création jusqu’à la main tendue de l’Etat en 2011 à accompagner quarante-trois (43) établissements scolaires musulmans à « respecter les normes officielles », lentement mais sûrement, l’OEECI se donne les moyens de ses ambitions. A cet égard,

du 27 juillet au 1er août 1998, en partenariat avec l’Amicale des Enseignants Musulmans d’Adjamé (AEMA), afin de renforcer les capacités du personnel enseignant de ses établissements membres, l’OEECI a organiséun stagede formation qualifiante en pédagogie articulé autour de la méthodologie, de la préparation des leçons et des étapes dans la conduite d’une leçon. C’était à l’E.P.P Raymond Desclercs dans la Circonscription de l’Enseignement Primaire d’Abidjan Adjamé 2.

Bien que soucieuse de la formation du personnel enseignant, l’OEECI a entrepris d’uniformiser le programmed’enseignement de ses établissements membres. Celui-ci s’inspire désormais de la transposition didactique de Develay. C’est-à-dire qu’en plus de ce que recommandent les autorités de l’Education Nationale, le nouveau programme incorpore des pratiques sociales de référence des musulmans, c’est-à-dire l’Islâm et la langue arabe.

Afin de bénéficier du soutien de l’extérieur, pour réaliser ses objectifs, l’OEECI a sollicité l’assistance de l’UNICEF. Avant de rencontrer cet organisme des Nations Unies, le samedi 27 janvier 2007, l’OEECI a organisé un séminaire pour réfléchir à l’ancrage institutionnel des écoles musulmanes. Ce séminaire a principalement bénéficié de l’expertise du Pr Kanvaly Fadika et de la collaboration de l’Association Musulmane du Personnel Enseignant en Côte d’Ivoire AMPECI.

Un an plus tard, les 13 et 14 mai 2008, à la demande de l’OEECI, en vue d’en connaître leur nombre et l’effectif des élèves qui les fréquentent, l’UNICEF organisera un autre séminaire à l’intention de toutes les écoles musulmanes en Côte d’Ivoire.

Le samedi 10 septembre 2011, Madame le Ministre de l’Education Nationale au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire a accepté d’accompagner quarante-trois (43) établissements privés musulmans au respect des normes officielles.

Moins qu’un aboutissement,cette reconnaissance de l’Etat en 2011 est un autre challenge à relever dans la contribution des écoles musulmanes au développement de la Côte d’Ivoire.

Certes, des indicateurs de paralysie existent:

Les écoles membres de l’OEECI ne sont pas ses patrimoines. A tout moment, au regard de leurs intérêts,leurs promoteurs pourraient les retirer de la marche entamée par l’OEECI.

La transformation des problèmes d’éducation en problèmes d’associations musulmanes.

Les ambitions personnelles démesurées de certains animateurs de l’OEECI

L’OEECI dont le Président est resté l’Imam Konaté Aboubakar depuis 1997, à travers les établissements ciblés par le Ministère de l’Education Nationale, doit évaluer sa capacité d’approches des normes officielles.

A cette fin, pour ce nouveau départ, l’OEECI doit gérer au mieux la formation des enseignants, la répartition de la masse horaire entre les matières du programme officiel, l’enseignement de l’Islâm et de l’arabe.

Quinze (15) ans après le congrès constitutif, les membres fondateurs doivent se réjouir d’avoir créé l’OEECI, une structure au service des écoles musulmanes en Côte d’Ivoire.

Imam Mamadou DOSSO


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